Handicap International est une organisation de solidarité internationale indépendante qui intervient dans les situations de pauvreté et d'exclusion, de conflits et de catastrophes. |
Lucie avec Jeanne et Papa Maleye, Sénégalais rencontrés à Paris © Lucie Bourgeois/Handicap International
Voyage du retour Dakar-Paris
Alors que je pense que mon voyage est terminé et que les surprises sont finies, les prochaines 24 heures m’en réserveront d’autres.
Sur le vol Dakar-Paris, je me retrouve assise à côté d’un homme qui manipule des petites boules attachées autour de sa taille et qui semble prier. J’apprendrai plus tard qu’il s’agit en fait de ‘gri-gris’, objets souvent faits en peau de lion ou autre animal, remis par le marabout et qui sont censés éloigner les mauvais sorts ou protéger son porteur.
Je remarque que cet homme ne se sert pas de l’écran multimédia et ne lit pas. Je tente la conversation avec lui et m’aperçois qu’il ne parle presque pas français. Tant bien que mal, nous arrivons à communiquer et il me dit ne parler que wolof et très peu de français. Je comprends qu’il est tailleur au Sénégal dans un petit village (il porte d’ailleurs une superbe chemise blanche !) et qu’il part en France pour acheter du coton.
À la fin du vol, il cherche des documents dans son sac et me les présente me demandant de les lui lire. Je comprends alors qu’il ne sait ni lire ni écrire… Je lui lis les documents dont un est une invitation et l’autre, sa réservation d’hôtel. Il me demande plusieurs fois de lui rappeler laquelle est l’invitation et je lui donne des ‘post-it’ afin qu’il puisse bien identifier les documents. Il me donne ensuite d’autres documents et me demande de lui expliquer sa couverture d’assurance médicale, ce que je fais.
À notre arrivée, il pratique avec moi sans relâche la prononciation du nom de son hôte, ce qui semble lui être assez difficile à se rappeler et à faire. Je le dirige à la sortie de l’avion jusqu’aux douanes et lui demande comment on dit ‘bonne chance’ en wolof. Je le laisse en le lui souhaitant – quelques heures plus tard, je ne m’en souviens déjà plus, comprenant qu’il puisse, lui aussi, avoir de la difficulté à se rappeler le nom de son hôte français!
Alors que je pense que mon voyage est terminé et que les surprises sont finies, les prochaines 24 heures m’en réserveront d’autres.
Sur le vol Dakar-Paris, je me retrouve assise à côté d’un homme qui manipule des petites boules attachées autour de sa taille et qui semble prier. J’apprendrai plus tard qu’il s’agit en fait de ‘gri-gris’, objets souvent faits en peau de lion ou autre animal, remis par le marabout et qui sont censés éloigner les mauvais sorts ou protéger son porteur.
Je remarque que cet homme ne se sert pas de l’écran multimédia et ne lit pas. Je tente la conversation avec lui et m’aperçois qu’il ne parle presque pas français. Tant bien que mal, nous arrivons à communiquer et il me dit ne parler que wolof et très peu de français. Je comprends qu’il est tailleur au Sénégal dans un petit village (il porte d’ailleurs une superbe chemise blanche !) et qu’il part en France pour acheter du coton.
À la fin du vol, il cherche des documents dans son sac et me les présente me demandant de les lui lire. Je comprends alors qu’il ne sait ni lire ni écrire… Je lui lis les documents dont un est une invitation et l’autre, sa réservation d’hôtel. Il me demande plusieurs fois de lui rappeler laquelle est l’invitation et je lui donne des ‘post-it’ afin qu’il puisse bien identifier les documents. Il me donne ensuite d’autres documents et me demande de lui expliquer sa couverture d’assurance médicale, ce que je fais.
À notre arrivée, il pratique avec moi sans relâche la prononciation du nom de son hôte, ce qui semble lui être assez difficile à se rappeler et à faire. Je le dirige à la sortie de l’avion jusqu’aux douanes et lui demande comment on dit ‘bonne chance’ en wolof. Je le laisse en le lui souhaitant – quelques heures plus tard, je ne m’en souviens déjà plus, comprenant qu’il puisse, lui aussi, avoir de la difficulté à se rappeler le nom de son hôte français!
Statue qui représente l’abolition de l’esclavage en 1848 par la France © Lucie Bourgeois/Handicap International
Rencontre avec l’Agence Canadienne de Développement International
Ma dernière journée au Sénégal s’annonce bien remplie et débute avec une rencontre à l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI) avec Mme Susan PEREVERZOFF, directrice adjointe du Programme au Sénégal et M. Ibrahima SOW, adjoint à la Section de la Coopération.
Nous discutons de notre projet de Santé maternelle, néonatale et infantile qui a été déposé à l’ACDI et dont nous attendons une réponse sous peu afin de pouvoir débuter. Ce projet innovateur constitue la première phase pilote de 3 ans qui propose une approche intégrée de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, avec un accent particulier sur les facteurs de risque associés aux incapacités de la mère et surtout de l’enfant et la prise en charge communautaire de ces incapacités. En effet, le projet intègre l’active participation de plusieurs acteurs locaux, institutionnels et associatifs.
Cette approche de santé publique est fondamentale mais peu proposée alors qu’il est estimé qu’entre 55% et 60% des causes de handicaps sont d’origines périnatales. Dès lors, l’accent sur la femme enceinte, la période post-natale et néonatale et la jeune enfance doit comprendre un volet sur le handicap, afin d’avoir un impact sur la réduction des décès mais également des années de vies corrigées de l’incapacité.
Nous discutons également de partenariats potentiels liés à l’éducation inclusive, de déminage et de son impact sur le développement d’une communauté. Nous discutons enfin du Fonds d’Appui à la Casamance (FAC) qui octroie de petites subventions pour l’achat d’équipement, entre autres, et qui pourrait aider à subventionner notre programme d’insertion professionnelle.
Une rencontre bien intéressante et fructueuse …
Ma dernière journée au Sénégal s’annonce bien remplie et débute avec une rencontre à l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI) avec Mme Susan PEREVERZOFF, directrice adjointe du Programme au Sénégal et M. Ibrahima SOW, adjoint à la Section de la Coopération.
Nous discutons de notre projet de Santé maternelle, néonatale et infantile qui a été déposé à l’ACDI et dont nous attendons une réponse sous peu afin de pouvoir débuter. Ce projet innovateur constitue la première phase pilote de 3 ans qui propose une approche intégrée de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, avec un accent particulier sur les facteurs de risque associés aux incapacités de la mère et surtout de l’enfant et la prise en charge communautaire de ces incapacités. En effet, le projet intègre l’active participation de plusieurs acteurs locaux, institutionnels et associatifs.
Cette approche de santé publique est fondamentale mais peu proposée alors qu’il est estimé qu’entre 55% et 60% des causes de handicaps sont d’origines périnatales. Dès lors, l’accent sur la femme enceinte, la période post-natale et néonatale et la jeune enfance doit comprendre un volet sur le handicap, afin d’avoir un impact sur la réduction des décès mais également des années de vies corrigées de l’incapacité.
Nous discutons également de partenariats potentiels liés à l’éducation inclusive, de déminage et de son impact sur le développement d’une communauté. Nous discutons enfin du Fonds d’Appui à la Casamance (FAC) qui octroie de petites subventions pour l’achat d’équipement, entre autres, et qui pourrait aider à subventionner notre programme d’insertion professionnelle.
Une rencontre bien intéressante et fructueuse …
Dimanche 25 septembre… Ce jour signe mon retour à Dakar et, de par le fait même, mon retour à Montréal sous peu. Je suis déjà nostalgique du Sénégal, pays que j’ai adoré au cours de ma visite, ainsi que l’équipe de Handicap International qui fût si généreuse et ouverte avec moi. Je déjeune avec Anne-Sophie et prépare mes valises… Avec tout ce que j’ai acheté, dont une statue en bois assez grande (1 mètre environ), ma valise est pleine à craquer et je dois transporter cette dernière dans mes bras car elle n’y entre pas. En espérant que je réussirai à tout faire entrer sans dépasser le poids permis!
Centre-ville de Ziguinchor © Lucie Bourgeois/Handicap International
Après une semaine fortement chargée et avec beaucoup de déplacements, j’accueille bien cette journée de repos où je me propose de travailler sur mon blog mais aussi de prendre du temps pour voir ‘Zig’ et acheter quelques souvenirs. Le centre-ville est assez typique des villages en Casamance et je m’y habitue rapidement.
Je constate que les commentaires que j’ai lus face aux vendeurs qui nous accostent à tout moment est tout à fait véridique. En effet, régulièrement, un vendeur nous salue et nous demande d’aller voir sa boutique. Même si nous leur faisons signe que nous ne sommes pas intéressés, certains vont même jusqu’à nous suivre pendant quelques temps afin d’essayer de nous convaincre. J’apprends vite en regardant Anne-Sophie faire avec tact mais fermement.
Nous nous rendons au guichet automatique le plus près afin que je puisse retirer de l’argent. Après 3 tentatives, le guichet avale ma carte! Heureusement que la banque est ouverte. Nous nous précipitons à l’intérieur et réalisons qu’ici, les codes NIP n’ont que 4 chiffres alors que la mienne en a 5. Le guichet a cru en un mauvais code et a pris ma carte. Après 20 minutes d’attente, on me remet ma carte en me disant qu’il sera impossible pour moi de retirer de l’argent à cause de ce problème de NIP.
Je constate que les commentaires que j’ai lus face aux vendeurs qui nous accostent à tout moment est tout à fait véridique. En effet, régulièrement, un vendeur nous salue et nous demande d’aller voir sa boutique. Même si nous leur faisons signe que nous ne sommes pas intéressés, certains vont même jusqu’à nous suivre pendant quelques temps afin d’essayer de nous convaincre. J’apprends vite en regardant Anne-Sophie faire avec tact mais fermement.
Nous nous rendons au guichet automatique le plus près afin que je puisse retirer de l’argent. Après 3 tentatives, le guichet avale ma carte! Heureusement que la banque est ouverte. Nous nous précipitons à l’intérieur et réalisons qu’ici, les codes NIP n’ont que 4 chiffres alors que la mienne en a 5. Le guichet a cru en un mauvais code et a pris ma carte. Après 20 minutes d’attente, on me remet ma carte en me disant qu’il sera impossible pour moi de retirer de l’argent à cause de ce problème de NIP.
Rencontre avec la Fédération Régionale des Associations de Personnes Handicapées à leur bureau. © Lucie Bourgeois/Handicap International
Rencontre avec la Fédération Régionale des Associations de Personnes Handicapées de Kolda (FRAPH)
Après avoir passé une nuit à l’hôtel Hobbe de Kolda, nous commençons notre journée par une rencontre avec le Président et le Secrétaire Général de la Fédération Régionale des Associations de Personnes Handicapées (FRAPH). Nous discutons des programmes d’éducation incluse et d’insertion professionnelle.
M. DRAMÉ, Secrétaire Général de la Fédération, est très impliqué dans les projets, particulièrement au niveau du programme de micro-crédits sur lequel nous sommes partenaires. Ce projet a été lancé conjointement il y a quelques années et en l’espace de quelques mois, 200 demandes ont été reçues grâce à la divulgation du projet dans tous les lieux publics de Kolda. La FRAPH a fait un excellent travail de divulgation et de support aux demandes ce qui a permis au comité de sélection de choisir 62 projets à soutenir.
Ces micro-projets financés ont offert de la formation professionnelle aux personnes handicapées qui souhaitaient apprendre un métier et a également permis leur accession à des micro-crédits afin qu’ils puissent démarrer leur petite entreprise (salon de coiffure, de couture ou mini boutique…). Les partenaires et le personnel de Handicap International ont également assuré un suivi et un soutien constant aux bénéficiaires des projets, ce qui a permis leur succès et leur responsabilisation non seulement en offrant une subvention mais en les rendant personnellement responsables de leur prêt auprès des banques.
Cette approche permettant de mettre à disposition une subvention suivie d’un micro-crédit auprès d’une banque offre l’avantage d’un développement durable où l’individu ne dépend pas des partenaires de développement du Nord puisqu’il est bien conscient qu’il ne peut tout obtenir de ce dernier – il doit prendre une grande part de responsabilité et se prendre en main sur le long terme.
Nous nous quittons en se donnant rendez-vous à l’Hôpital Régional de Kolda.
Après avoir passé une nuit à l’hôtel Hobbe de Kolda, nous commençons notre journée par une rencontre avec le Président et le Secrétaire Général de la Fédération Régionale des Associations de Personnes Handicapées (FRAPH). Nous discutons des programmes d’éducation incluse et d’insertion professionnelle.
M. DRAMÉ, Secrétaire Général de la Fédération, est très impliqué dans les projets, particulièrement au niveau du programme de micro-crédits sur lequel nous sommes partenaires. Ce projet a été lancé conjointement il y a quelques années et en l’espace de quelques mois, 200 demandes ont été reçues grâce à la divulgation du projet dans tous les lieux publics de Kolda. La FRAPH a fait un excellent travail de divulgation et de support aux demandes ce qui a permis au comité de sélection de choisir 62 projets à soutenir.
Ces micro-projets financés ont offert de la formation professionnelle aux personnes handicapées qui souhaitaient apprendre un métier et a également permis leur accession à des micro-crédits afin qu’ils puissent démarrer leur petite entreprise (salon de coiffure, de couture ou mini boutique…). Les partenaires et le personnel de Handicap International ont également assuré un suivi et un soutien constant aux bénéficiaires des projets, ce qui a permis leur succès et leur responsabilisation non seulement en offrant une subvention mais en les rendant personnellement responsables de leur prêt auprès des banques.
Cette approche permettant de mettre à disposition une subvention suivie d’un micro-crédit auprès d’une banque offre l’avantage d’un développement durable où l’individu ne dépend pas des partenaires de développement du Nord puisqu’il est bien conscient qu’il ne peut tout obtenir de ce dernier – il doit prendre une grande part de responsabilité et se prendre en main sur le long terme.
Nous nous quittons en se donnant rendez-vous à l’Hôpital Régional de Kolda.
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