« Il me demande si ses jambes vont repousser »

  • Irak

Le 21 mars 2017, Baker a été touché par un bombardement dans l’ouest de Mossoul. Amputé de ses deux jambes, il est actuellement en convalescence dans l’un des hôpitaux situé non loin de la ville. Les équipes de Handicap International accompagnent le petit garçon avec des soins de physiothérapie et des séances de soutien psychologique.

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Baker, sur son lit d’hôpital, près de Mossoul.

Allongé sur son lit d’hôpital, Baker a le regard perdu dans le vide. Il murmure doucement à son père : « J’ai mal papa… J’ai très mal. » Il y a encore quelques jours, le petit garçon jouait dans la rue avec ses amis, à Mossoul, lorsqu’un missile s’est abbattu sur eux. Baker a immédiatement été transporté à l’hôpital, où on l’a amputé de ses deux jambes. Depuis, il est en état de choc et il souffre beaucoup. Il prend des médicaments pour calmer la douleur, mais cela n’arrête pas ses pensées. « Il n’a pas encore accepté sa situation », indique Karam, travailleur psycho-social de l’association, qui le rencontre quotidiennement. « Quand je le vois, il me demande si ses jambes vont repousser… Il me dit qu’il fait aussi beaucoup de cauchemars, depuis son accident. »

Fatima, physiothérapeute de Handicap International, fait son entrée dans la chambre du petit garçon. Elle initie avec lui une série d’exercices de réadaptation. « Je l’ai rencontré juste après son arrivée à l’hôpital », explique-t-elle. « Depuis, je lui rends visite tous les jours. Au cours de nos sessions, je lui apprends à s’habituer à sa situation. Il va lui falloir du temps pour l’accepter, mais j’ai bon espoir. Baker est encore un enfant. En général, ceux-ci ont de meilleurs capacités d’adaptation. » L’association va également faire part du cas de Baker à une association partenaire, pour que le petit garçon puisse bientôt être appareillé de prothèses.

Fatima gonfle un ballon de baudruche, et continue la séance avec série d’exercices ludiques. La physiothérapeute souhaite faire comprendre à Baker qu’il est encore capable de bouger, de rire et de jouer, malgré ce qui vient de lui arriver. « J’aime beaucoup m’amuser et étudier », dit-il. Le petit garçon n’a pas été à l’école depuis deux ans, lorsque le groupe État islamique a pris le contrôle de sa ville. « Je veux être architecte quand je serai grand. Pour renconstruire toutes les maisons qui sont détruites et pour aider les gens », ajoute-t-il doucement.

Alors que la séance touche à sa fin, Baker partage ses espoirs avec l’équipe de l’association. Il rêve de pouvoir remarcher un jour, d’être capable de se tenir debout à nouveau. Il veut retourner chez lui et retrouver ses amis. Mais pour l’instant, son plus grand souhait est que sa douleur s’amenuise. Le père de Baker dit alors à son fils qu’il part acheter de quoi manger et qu’il revient dans quelques instants. Il quitte la chambre d’hôpital et va s’asseoir sur un banc dans le jardin. Il ne veut pas que son fils le voit pleurer.

Fatima et Baker, lors de la session de physiothérapie. © E. Fourt / Handicap International

Publié le 24.05.2017 - 09:04.

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