« J’ai besoin de reconstruire ma vie »

  • Jordanie

Samra a 39 ans et vient de Syrie. Réfugiée en Jordanie depuis le début de l’année 2016, elle vit dans le camp d’Azraq avec ses cinq enfants. Elle a bénéficié de sessions de physiothérapie dispensées par Handicap International (HI) et est désormais accompagnée par l’association dans le cadre de séances de soutien psychosocial.

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Samra_testimony
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Samra, dans le camp de réfugiés d’Azraq.

Aujourd’hui, Samra se rend au centre de réadaptation de Handicap International (HI) pour une activité de groupe. La mère de famille marche doucement dans les allées du camp d’Azraq et arrive finalement devant la caravane de l’association, où elle retrouve une dizaine de femmes syriennes de son âge. Bashayer, en charge de l’activité du jour, accueille Samra avec un grand sourire. Un vrai lien de confiance s’est créé entre la mère de famille et la professionnelle de l’association, au fil du temps. « J’ai connu Bashayer un peu par hasard », explique Samra. « J’avais des douleurs au niveau du dos et je me rendais régulièrement au centre de l’association pour des sessions de réadaptation. Un jour, j’allais très mal, j’étais à bout. Je me suis mise à pleurer et quand elle m’a vue, Bashayer est immédiatement venue me parler. Elle m’a proposé des séances de soutien psychosocial, en me disant que ça m’aiderait à aller mieux. Nous avons déjà fait sept sessions ensemble. »

Samra vit dans le camp de réfugiés d’Azraq depuis un an et demi. « Au début de la crise en Syrie, des groupes armés ont capturé mon mari et l’ont assassiné. Au fil des années, la situation a considérablement empiré dans notre pays. En 2013, j’ai fui avec mes enfants pour le Liban. Nous n’y sommes restés que trois semaines, la vie était vraiment trop dure là-bas. Mais lorsque nous sommes rentrés en Syrie, les groupes armés qui avaient tué mon mari ont voulu nous assassiner aussi. Nos voisins nous ont aidés à fuir et nous sommes partis pour la Jordanie. Nous sommes restés trois mois à la frontière avant d’entrer dans le pays. A cette époque, j’étais très perturbée par tout ce que nous venions de vivre. J’étais constamment en colère, révoltée de l’injustice de cette situation. »

L’arrivée à Azraq est un bref soulagement pour cette mère de 5 enfants. « La vie est devenue un peu plus facile, nous pouvions enfin nous reposer et nous sentir en sécurité. Mais mes enfants avaient beaucoup de mal à s’habituer à notre situation de réfugiés. De mon côté, j’étais désemparée: j’avais l’impression que l’avenir de toute ma famille reposait sur moi. J’essayais d’être forte et de laisser mes émotions de côté. Mais le jour où Bashayer m’a connue, je n’y arrivais plus. » Bashayer  explique : « J’ai immédiatement ressenti la détresse de Samra. Elle est encore très affectée par les évènements des dernières années mais le fait d’en parler lors de nos sessions individuelles de soutien psycho-social et le fait de participer aux activités que nous organisons l’aide, peu à peu, à se remettre mentalement ».

L’activité de groupe animée par Bashayer est sur le point de commencer. Les femmes réunies aujourd’hui ont toutes bénéficié des séances de soutien psycho-social mises en place par l’association. « Cette session de groupe a pour but de leur faire comprendre qu’elles ne sont pas seules, que beaucoup de mères de famille dans le camps sont dans leur situation et qu’elles peuvent s’entraider », commente la professionnelle de HI. « Lorsqu’on m’a proposé de venir aujourd’hui, j’ai immédiatement accepté », ajoute Samra. « Mes discussions avec Bashayer m’ont beaucoup aidée. Le sentiment de peur et de colère qui m’habitait me quitte peu à peu et je retrouve mon caractère optimiste. Nous avons tout perdu mais aujourd’hui, j’ai besoin de reconstruire ma vie et de me concentrer sur l’avenir. Par exemple, je veux me faire de nouvelles amies dans le cadre d’activités comme celle-ci. » Bashayer initie la séance de groupe avec un exercice de relaxation. Les femmes qui l’entourent ferment les yeux. Samra pose la main sur son cœur et elle se met à sourire.  

Samra, lors de l’activité de groupe, au centre de Handicap International (HI), dans le camp de réfugiés d’Azraq.  © E. Fourt / Handicap International

Publié le 15.06.2017 - 10:00.

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Gabriel PERRIAU

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