« Je me souviens de mon corps criblé d’éclats d’obus »

  • Irak

Au mois d’avril 2017, Raneen a été victime d’un bombardement à Mossoul et souffre depuis d’une fracture à la jambe. Elle est actuellement traitée à l’hôpital de Hamdaniyah, où Handicap International (HI) lui fait bénéficier de sessions de physiothérapie.

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Raneen Testimony
Raneen Testimony
Raneen, dans sa chambre d’hôpital à Hamdanyah.

Assise sur son lit d’hôpital, Raneen discute avec sa sœur en attendant la venue de Mouna. Quelques minutes plus tard, la physiothérapeute de Handicap International rentre dans la pièce et initie une nouvelle session de réadaptation avec l’adolescente. Raneen est hospitalisée depuis deux mois, mais sa fracture n’est toujours pas rétablie. Les fixations externes qui sortent de sa jambe laissent imaginer l’intensité son accident. « Ce jour-là, nous étions tous assis, avec mes proches, sur le toit de notre immeuble. Soudain, les bombardements ont commencé… Je me souviens de mon corps criblé d’éclats d’obus et de ma jambe en sang. J’ai été la personne de la famille la plus gravement blessée. »

Raneen n’est pas soignée directement après le bombardement accident. « Nous ne pouvions pas sortir de chez nous », explique-t-elle. « La situation était bien trop dangereuse. On est restés quinze jours enfermés dans la maison… Puis finalement, nous avons réussi à nous rendre dans un centre de santé. Là, les médecins ont fait des radios et m’ont dit que ma jambe était cassée. Deux jours plus tard, je me faisais opérer. Et une semaine après, nous étions de retour chez nous. »

L’histoire de Raneen et de son accident aurait pu s’achever ainsi, si elle avait été bien soignée. Mais dans la précipitation et face au nombre important de blessés qui arrivent dans le centre de santé ce jour-là, les médecins font une erreur lors de l’opération. Et l’état de la jambe de Raneen empire avec le temps… « Vingt jours plus tard, l’armée est entrée dans notre quartier et nous avons enfin pu fuir la ville. Nous nous sommes rendus dans un hôpital, où je me suis fait opérer une deuxième fois. Puis, les médecins ont voulu faire une nouvelle chirurgie, dans un centre accueillant les grands blessés. Hamdaniyah est le quatrième hôpital où je séjourne, depuis notre fuite de Mossoul », ajoute l’adolescente, visiblement fatiguée. La grande sœur de Raneen la conforte et essaie de la motiver à faire ses exercices de physiothérapie.

Mouna évalue d’abord sa flexibilité et l’état de sa jambe. Puis, elle lui propose de faire quelques pas dans les couloirs de l’hôpital, à l’aide du déambulateur que lui a donné l’association. Raneen semble anxieuse : cela fait plusieurs mois qu’elle ne marche presque pas. Elle essaie tout de même de se lever de son lit, avec l’aide de sa grande sœur et de la physiothérapeute de Handicap International.  

Quelques minutes plus tard, Raneen sort de sa chambre. Elle marche lentement dans le couloir et commence à sourire lorsqu’elle croise d’autres patients qui l’encouragent. Elle espère être capable de  marcher sans déambulateur bientôt, pour pouvoir enfin rentrer chez elle, après des semaines à l’hôpital.

Raneen marche dans le couloir de l’hôpital, accompagnée de sa sœur et de l’équipe de Handicap International.  © E. Fourt / Handicap International

 

Publié le 12.07.2017 - 04:01.

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