La Convention relative aux droits des personnes handicapées a ouvert la voie pour l’égalité

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Adoptée il y a 10 ans par les Nations unies, la Convention relative aux droits des personnes handicapées a été ratifiée depuis par 168 États – dont le Canada - soit les trois-quarts des pays de la planète. Si la Convention a marqué une avancée majeure pour la défense de leurs droits, les personnes handicapées sont toujours l'objet de discriminations graves et multiples. À l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées le 3 décembre, Handicap International appelle les États à respecter leurs engagements prévus dans la Convention en mettant en place rapidement les mesures nécessaires à l’inclusion de toutes les personnes handicapées dans la société. 

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Des avancées notables

  • La Convention relative aux droits des personnes handicapées a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 13 décembre 2006. En dix ans, elle a été ratifiée par 168 États et est devenue une norme internationale reconnue. Preuve de son succès, les États intègrent de manière croissante dans leurs constitutions des dispositions en faveur de l’égalité des personnes handicapées : 68 % des constitutions adoptées entre 2010 et 2014 intègrent de telles dispositions, contre 43 % entre 2000 et 2009.
  • La Convention relative aux droits des personnes handicapées est un traité des droits de l’Homme : elle ne crée pas de droits nouveaux mais rappelle que les droits de l’Homme sont universels et s’appliquent également aux personnes handicapées. Celles-ci doivent être reconnues comme des sujets de plein droit. La Convention est le premier texte de droits humains concernant les personnes handicapées légalement contraignant pour les États. Elle précise les obligations auxquelles ils s'engagent pour permettre la réalisation des droits des personnes handicapées sur base d'égalité avec les autres.
  • La perception du handicap comme une déficience physique ou mentale de la personne recule dans le monde ; on admet de plus en plus que la société est responsable des barrières faisant obstacle à la participation des personnes handicapées. En célébrant la diversité humaine, la Convention appelle les sociétés à s’organiser différemment afin que, quelles que soient ses capacités ou incapacités, quiconque soit en mesure de jouir de ses droits et libertés fondamentaux.
  • Les associations représentatives de personnes handicapées sont de mieux en mieux organisées et pèsent désormais davantage sur les décisions qui les concernent : au Laos ou en Tunisie, l’action de ces associations a permis des politiques plus inclusives et une meilleure participation des personnes handicapées à la vie politique de leur pays. Le mot d’ordre du mouvement mondial de défense des droits des personnes handicapées, « Rien sur nous sans nous », rappelle qu’aucune décision concernant les personnes handicapées ne doit être prise sans leur consultation.
  • L’existence de la Convention a donné une visibilité aux personnes handicapées dans les discussions sur les programmes mondiaux de développement : en septembre 2015, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté les Objectifs de développement durable, premier programme mondial de lutte contre la pauvreté de cette ampleur prenant en compte les personnes handicapées.

Mais beaucoup reste à faire

Malheureusement, les droits des personnes handicapées sont encore régulièrement bafoués : ces dernières sont très souvent empêchées d'accéder à des services (santé, éducation, transports, emploi) en raison de leur inaccessibilité. Elles peuvent aussi être victimes de violences répétées en raison de leur handicap, souffrir de restrictions à la vie familiale, de stérilisation forcée, de ségrégation, de médication forcée ou de limitations dans l’exercice de leur capacité juridique, etc. Certains groupes de personnes handicapées restent plus exclues que d'autres comme les personnes ayant un handicap psychique ou celles faisant face à des discriminations multiples (les femmes handicapées, par exemple).

Selon les études, les femmes handicapées ont toujours deux à trois fois plus de risques d’être victimes d’abus physiques et sexuels que les femmes qui ne sont pas handicapées.

Les personnes handicapées sont toujours un des groupes les plus pauvres parmi les pauvres. Elles connaissent de nombreuses situations d’exclusion, et il existe ainsi des liens forts entre handicap et pauvreté. 80 % des personnes handicapées dans le monde vivent dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires. Cette réalité est inacceptable ; il est ainsi indispensable que les programmes de réduction de la pauvreté intègrent explicitement les personnes handicapées. La communauté internationale doit soutenir le mouvement des personnes handicapées pour qu’elles fassent entendre leur voix et proposent des recommandations concrètes pour leur inclusion.

En situation de crise, les personnes handicapées sont peu ou mal prises en compte. Selon une enquête menée par Handicap International en 2015, 75 % des personnes handicapées affectées par les crises n’ont pas suffisamment accès à l’aide humanitaire.

Afin que les États, les bailleurs de fonds et les ONG prennent mieux en compte les millions de personnes handicapées affectées par des crises humanitaires, Handicap International, avec plusieurs organisations partenaires, a lancé en mai 2016 lors du Sommet humanitaire mondial la Charte pour l’inclusion des personnes handicapées dans l’aide humanitaire. À ce jour, la Charte compte 138 signataires.

 « La Convention a été ratifiée par plus de trois-quarts des États, c'est un succès, mais nous devons continuer à travailler à sa mise en œuvre pratique, déclare Priscille Geiser, responsable du pôle Appui à la société civile à Handicap International. Comment former la police et la justice pour recevoir le témoignage de personnes handicapées ayant subi des abus quand celles-ci sont jugées « incapables » ? Comment mettre en place un système éducatif qui prenne réellement en compte les enfants handicapés sans les reléguer au fond de la classe ? Quelles mesures sont nécessaires dans la législation liée à l'emploi pour permettre un accès égal aux personnes handicapées ? Handicap International s’emploie à travers ses nombreux projets à accompagner les bailleurs, les gouvernements, les services et la société civile pour favoriser l’inclusion des personnes handicapées. »


Afin de marquer la Journée internationale des personnes handicapées et célébrer la fin d'année, Handicap International Canada organise un encan en ligne pour réparer des vies tout en se faisant plaisir !

 


Handicap International et la défense des droits des personnes handicapées

Handicap International appuie bailleurs, gouvernements et ONG pour améliorer l’inclusion des personnes handicapées dans la société, en renforçant leurs capacités, par exemple dans le domaine de l’éducation inclusive, de l’accès à l’emploi, des réponses humanitaires, de la réadaptation fonctionnelle, de l’inclusion dans la société, etc. L’association soutient le développement de mouvements associatifs de personnes handicapées afin qu’elles s’impliquent de manière efficace dans la revendication de leurs droits : Handicap International a constitué des partenariats avec plus de 400 organisations représentatives de personnes handicapées aux niveaux local, national et régional. L’association mène actuellement près de 40 projets de soutien à ces organisations pour se structurer, s’engager dans le plaidoyer et le suivi de la réalisation des droits des personnes handicapées.

Publié le 01.12.2016 - 09:33.

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Chantal GOFFOZ
chantal.goffoz@handicap-international.ca

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